Traitement de l’incontinence fécale

Traitement de l’incontinence fécale

Conseils alimentaires

Si vous souffrez de constipation...

  • Buvez au moins 8 verres d’eau par jour
  • Mangez des aliments riches en fibres: fruits, légumes, grains entiers, céréales
  • Mangez plusieurs repas légers
  • Soyez aussi actif que possible

Si vous souffrez de diarrhée...

  • Évitez les aliments épicés et gras, les viandes marinées et fumées, les produits laitiers, la caféine, l’alcool et les édulcorants artificiels.
  • Mangez beaucoup de fibres.

Heureusement, des traitements peuvent vous aider à reprendre le contrôle de vos intestins ou, à tout le moins, à minimiser vos symptômes. Le traitement recommandé dépendra de la cause de l’incontinence. Le médecin pourra vous suggérer d’apporter des changements dans votre régime alimentaire, de faire des exercices spéciaux ou de modifier vos habitudes. Si ces traitements échouent, on pourra envisager la chirurgie.

Changements alimentaires

Les changements alimentaires visent à améliorer la consistance des selles afin de prévenir des épisodes d’incontinence. Si vous souffrez de constipation, il est important de boire beaucoup de liquide et de manger des aliments riches en fibres. Les fibres contribueront à donner du volume aux selles, ce qui est important si la diarrhée est une cause de l’incontinence. Jetez un coup d’œil aux Conseils alimentaires, ci-contre.

Médicaments

On peut également recourir aux médicaments pour améliorer la consistance des selles ou ralentir le passage des aliments dans l’intestin. Ce faisant, l’eau pourra être pleinement absorbée par le côlon (pour prévenir la diarrhée) et vous aurez le temps voulu pour vous rendre à la toilette lorsque vous sentirez l’envie de déféquer. Les médicaments les plus souvent recommandés sont en vente libre à la pharmacie.

Suppléments de fibres: Il y a toutes sortes de produits qui procurent un apport élevé de fibres. Certains sont masticables alors que d’autres se présentent sous forme de poudre qu’il faut mélanger avec de l’eau ou des aliments. Essayez-en quelques-uns pour trouver celui que vous préférez.

Antidiarrhéique: Le lopéramide (Imodium®) ralentit le passage des aliments et des déchets dans l’intestin, contribuant ainsi à traiter la diarrhée. Il n’entraîne pas d’interaction indésirable avec d’autres médicaments.

Laxatifs et produits ramollissant les selles: Si vous souffrez de constipation, l’utilisation temporaire d’un léger laxative pourra vous soulager, mais un emploi régulier peut aggraver l’incontinence fécale. Les produits ramollissant les selles empêchent la formation de selles dures et sèches, les rendant plus faciles à évacuer. Certains laxatifs comprennent un produit ramollissant les selles.

La rééducation intestinale

La rééducation intestinale vise à redonner de la force aux muscles intestinaux ou au sphincter anal et à vous inculquer des comportements grâce auxquels vous reprendrez le contrôle. En suivant un horaire régulier de visites à la toilette, il est plus facile de prévoir le moment d’évacuation des selles et de réduire le risque d’accidents.

On peut aussi s’exercer à contracter le sphincter anal pour renforcer les muscles et prévenir les pertes. Comme dans le cas de l’incontinence urinaire, le biofeedback permet de savoir si l’on effectue correctement les exercices.

La chirurgie

La chirurgie est parfois recommandée dans certains cas d’incontinence fécale, le plus souvent pour corriger un prolapsus ou des dommages au sphincter anal.

Réfection du sphincter: La sphinctéroplastie consiste à retirer la région endommagée du sphincter et de le recoudre. Au besoin, on peut prélever dans la cuisse du tissu musculaire et en envelopper le sphincter pour le renforcer. Si les dommages sont plus graves, on peut implanter un sphincter artificiel (essentiellement un anneau gonflable), que l’on dégonfle au moyen d’une pompe insérée sous la peau du scrotum (chez l’homme) ou des grandes lèvres (chez la femme) pour aller à la selle.

Chirurgie pour prolapsus rectal et rectocèle: On rétablit la position du rectum et on le fixe au bon endroit. Au cours de l’intervention, le chirurgien peut aussi réparer les muscles endommagés qui ont causé le prolapsus.

Hémorroïdectomie: Les hémorroïdes peuvent empêcher le sphincter anal de se fermer correctement. On peut les retirer au moyen d’un scalpel, d’un laser ou d’un bistouri électrique.

Colostomie: Il s’agit d’une intervention plus radicale, réservée aux gens qui souffrent d’une grave incontinence ou qui ont tout essayé, mais sans succès. On ferme le rectum et on dévie les selles vers une autre ouverture pratiquée dans la paroi abdominale, à laquelle on fixe un sac spécial pour recueillir les selles.

Modulation des nerfs sacrés

Les nerfs sacrés contrôlent la sensation et la force des muscles anaux ainsi que de la vessie. L’intervention utilisée dans le traitement de l’incontinence urinaire (voir à la page 24) peut également convenir à l’incontinence fécale.

Les produits injectables péri-urétraux

On a récemment développé pour l’incontinence fécale des produits injectables péri-anaux semblables à ceux qu’on utilise pour l’incontinence urinaire. Les premiers essais du produit ont été étudiés chez un nombre limité de patients, et il faudra réaliser des études plus poussées et rigoureuses. Cependant, ces produits deviendront peut-être une option pour les personnes souffrant d’incontinence grave qui n’ont pas bien répondu aux autres traitements.

L’expérience d’une patiente – Louise Mott

"Lorsque je discute de l’incontinence avec quelqu’un, et commence à parler de mon histoire au sujet de l’incontinence, presque tout le monde suppose que je souffre d’incontinence urinaire. En fait, j’ai 43 ans et je souffre d’incontinence fécale depuis maintenant 14 ans, depuis la naissance de mon premier enfant. J’aimerais démystifier le sujet de l’incontinence fécale qui est effectivement un sujet tabou et le rendre un sujet dont on peut parler ouvertement sans honte.

En 1997, à l’occasion de la naissance de mon premier enfant, j’étais infirmière et sage-femme. C’était un accouchement difficile qui a nécessité l’utilisation de forceps. Je n’avais aucune idée à quel point cet accouchement changerait ma vie. J’ai subi une déchirure grave et c’était extrêmement douloureux. Peu après l’accouchement, je me suis rendue compte que je ne pouvais pas contrôler mes vents et il me semblait que j’avais toujours des sous-vêtements souillés. Je pensais que c’était à cause de la déchirure et j’ai présumé que les choses s’amélioreraient.

À mon examen postnatal 6 semaines après mon accouchement, j’ai informé mon médecin que j’avais des "accidents" mais elle m’a dit qu’il s’était passé peu de temps depuis mon accouchement et étant donné que la déchirure était si grave, j’avais probablement un hématome. J’étais embarrassée et je me suis décidée à ne pas dire un mot à personne.

Les cinq mois suivants étaient terribles. Je suis devenue recluse et très déprimée. Je ne l’ai même pas dit à mon mari, ma mère ou mes amis. J’étais horrifiée. Pour les très peu d’occasions où je suis sortie, ça finissait avec mon intestin se vidant dans mes vêtements, ce qui me laissait honteuse, seule et bien plus désespérée. À une occasion particulière, mon mari est venu chez nous inopinément tout de suite après avoir eu un de mes accidents. Je pleurais. Il était très inquiet et j’ai menti quant à la raison pourquoi j’étais bouleversée, parce que je me sentais sale. Il s’est assis avec moi et m’a demandé d’autres questions. Sa gentillesse et sa compréhension m’ont aidé à partager mon secret avec lui – que je souffrais d’incontinence fécale.

Le jour suivant nous avons pris rendez-vous chez notre médecin et elle m’a référée au premier hôpital colorectal du Royaume-Uni. On a diagnostiqué que j’avais un sphincter anal efficace à 60 %. Lorsque mon bébé a eu 18 mois, j’ai subi une chirurgie de réparation sphinctérienne mais tristement trois jours après la chirurgie, ma blessure a éclaté avec une infection terrible. Le trou du mon périnée a pris 7 mois pour guérir. C’était terrible.

L’incontinence était pire que jamais et en raison d’une maladie de coagulation sanguine, on a décidé qu’il était trop dangereux de me faire subir une colostomie. Initialement, j’étais déprimée et je me sentais sale. Je ne me sentais jamais séduisante et il n’y avait plus d’intimité. Quand on pense qu’il n’y a aucune solution, on se sent tellement seul.

Un jour au cours d’une session de rétroaction biologique, une infirmière de recherche m’a demandé si je partagerais mon histoire avec quelques infirmières. J’étais très nerveuse et effrayée mais ils l’ont vraiment apprécié et ça m’a fait du bien. L’infirmière de recherche a alors arrangé un groupe d’entraide et je me suis activement impliquée. On a rédigé un article au sujet du groupe, qui a constaté que les groupes d’entraide étaient l’outil le plus efficace pour aider les malades.

Je suis incontinente depuis maintenant 14 ans et j’ai réussi à renverser ma situation. Je me suis sortie de la dépression et j’ai commencé à donner mes perspectives personnelles de vivre avec l’incontinence aux professionnels des soins de la santé à plusieurs universités au Royaume-Uni.

En août 2008, nous avons déménagé au Canada – quelque chose que je ne pensais jamais pouvoir faire. Cette année, j’ai voyagé en Nouvelle-Orléans et à Chicago pour partager ma perspective personnelle et professionnelle avec les professionnels des soins de la santé et je leur ai donné des outils diagnostiques pour aider à identifier des femmes en danger. La meilleure partie des conférences, est que ça permet d’identifier des femmes dans la communauté souffrant d’incontinence fécale pour qu’elles reçoivent de l’aide.

Mon but est d’assurer que l’incontinence fécale n’est pas un sujet tabou et d’offrir aux hommes et aux femmes qui en souffrent l’appui dont ils ont besoin et méritent. Je veux que les malades sachent qu’ils NE sont PAS tous seuls. On peut me contacter par l’intermédiaire de la Fondation d’aide aux personnes incontinentes (Canada) : help@canadiancontinence.ca"

— Louise Mott

Informations additionnelles

Pour de plus amples renseignements sur l’incontinence fécale, visitez ces sites Web:

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PO Box 417
Peterborough ON K9J 6Z3
Phone: (705) 750-4600
Email: help at canadiancontinence dot ca
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