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Documents

Guide des pratiques cliniques chez les adultes:

Introduction
Étapes recommandées pour l'évaluation et la gestion
Guide
Bibliographie
Annexe

Cadre et objectifs

Le Guide porte sur l’incontinence urinaire des adultes vivant au sein de la collectivité. S’il ne traite pas de l’incontinence chez les enfants ou dans les établissements de santé, ce n’est pas à cause du manque d’importance de ces sujets, mais parce qu’ils supposent d’autres besoins et font appel à des professionnels, des organismes et à des ministères différents.

La mise au point du Guide répond à des besoins exprimés par des consommateurs insatisfaits de l’absence de renseignements sur l’incontinence et sur un choix de traitements (Klag, 1999; Fondation d’aide aux personnes incontinentes (Canada), 1998), ainsi que par des professionnels de la santé, notamment ceux qui œuvrent au sein des collectivités et qui, pour une bonne part, ne reçoivent pas de formation approfondie en gestion de l’incontinence urinaire (Fondation d’aide aux personnes incontinentes (Canada), 1998; Schulz et coll., 1999). L’équipe de rédaction a tenté, par consensus, de mettre au point un Guide à jour, fondé sur des éléments probants, facile à comprendre et aussi à appliquer dans le réseau canadien de la santé. Parallèlement, et au moyen également d’un processus consensuel, nous avons développé des modèles de soins de l’incontinence qui montrent comment le Guide peut s’appliquer dans des milieux types du pays. Le Guide s’adresse aux médecins, au personnel infirmier, aux physiothérapeutes et aux autres professionnels de la santé qui conseillent et soignent des personnes incontinentes. Notre approche étant axée sur le consommateur, nous rédigerons une version du Guide à son intention pour lui permettre de prendre des décisions éclairées en matière d’évaluation et de traitement, et aussi pour l’inciter à discuter ouvertement de ses problèmes avec les professionnels de la santé qui le soignent.

On a fait valoir récemment les avantages et désavantages d’offrir un Guide normalisé (Multidisciplinary Summit, 1999; Woolf et coll., 1999). Certains y voient un danger, car il pourrait laisser croire que la société possède toutes les réponses à un problème de santé particulier. Il risquerait ainsi d’oblitérer les opinions que doivent inévitablement échanger un professionnel et son patient puisque chaque consultation est unique, et aussi de freiner la recherche nécessaire à l’amélioration de la situation actuelle (Multidisciplinary Summit, 1999). Nous tenons à signaler que le Guide se veut un outil éducatif à l’intention des professionnels de la santé et des personnes incontinentes, outil qui contribue à promouvoir des soins de haute qualité en gardant sans cesse bien informés les consommateurs, les professionnels de la santé et les autres personnes intéressées. Des mises à jour et des améliorations dans l’avenir font partie intégrante du processus de mise au point.

La Fondation d’aide aux personnes incontinentes (Canada) (FAPI) reconnaît que les professionnels de la santé agissent dans le cadre de leurs normes de pratique professionnelle en collaboration avec un médecin. Le Guide n’a aucun pouvoir juridique et ne cherche aucunement à restreindre la relation unique et irremplaçable entre le professionnel et le patient. Il ne représente pas la seule approche possible pour l’évaluation et la gestion de l’incontinence. Il reflète néanmoins un large consensus concernant les diverses options en matière d’évaluation et de traitement, et concernant l’ordre dans lequel on doit les envisager.

Méthodologie : mise au point du Guide

Dans un rapport récent des National Institutes of Health aux États-Unis, on trouve les conclusions suivantes : « Les Instituts concluent que la mise au point de lignes directrices doit être un travail multidisciplinaire qui suppose la consultation des patients et des professionnels de la santé de première ligne dont la participation est aussi essentielle que celle des universitaires. » (Multidisciplinary Summit, 1999). Pour la mise au point du Guide, nous avons utilisé une méthodologie qui nous assurait, dans la mesure du possible, que les opinions représentées faisaient consensus chez les personnes qui s’intéressent à la gestion et au traitement de l’incontinence urinaire au Canada à titre de professionnels ou de clients/consommateurs.

Afin de parvenir à ce consensus au Canada, nous avons adopté la méthodologie suivante pour la mise au point du Guide : La Fondation d’aide aux personnes incontinentes (Canada) FAPI a réuni un comité directeur formé de clients/consommateurs et de professionnels de la santé reconnus au Canada, spécialisés en médecine familiale, gériatrie, soins infirmiers, physiothérapie, gynécologie et urologie, ainsi qu’un représentant de la Division des aînés de Santé Canada et un évaluateur indépendant.

Le comité directeur a défini trois grandes catégories de clients/consommateurs pour qui un guide était nécessaire. Pour chaque catégorie, il a choisi un petit groupe d’auteurs chargés d’analyser la littérature la plus récente et de rédiger une première version de lignes directrices s’appuyant sur des éléments probants ainsi qu’un schéma clinique qui les illustrerait visuellement.

Des professionnels de la santé spécialisés et des consommateurs ont analysé ces premiers schémas cliniques.

Tous les membres du comité ont passé en revue les séries de lignes directrices et les ont corrigées afin d’assurer leur concordance.

Il y a eu ensuite la sélection des participants à une Conférence du consensus, à partir surtout des personnes choisies par les associations nationales de professionnels de la santé et par les groupes de consommateurs, tout en veillant à maintenir une représentation des grandes régions du Canada.

La première version du Guide a été diffusée aux participants à cette Conférence qui l’ont analysée.

Après avoir été présentée à la Conférence et passée en revue par des groupes restreints, cette première version a été de nouveau corrigée en fonction des observations des participants.

Un consensus devait être obtenu par mode de scrutin : il y a eu consensus avec plus de 80 % des voix, et un consensus partiel a réuni de 60 à 79 % des voix.
Le Guide qui a résulté de cette Conférence du consensus a été ensuite soumis à des Groupes réactifs dans des collectivités partout au pays.

Au départ, le comité directeur a passé en revue les guides (ou les lignes directrices) de gestion de l’incontinence qui existaient au niveau national et international. Pour la rédaction du Guide canadien, il s’est appuyé surtout sur deux d’entre eux :

Le guide de l’AHCPR (Agency for Healthcare Policy and Research) des États-Unis, publié pour la première fois en 1992. L’édition de 1996 se fonde sur une analyse de la littérature jusqu’en 1995. Le comité n’a pas réétudié les textes mentionnés dans la deuxième édition du guide de 1996. Son point de départ fut les recommandations découlant du guide de l’AHCPR de 1996. Il a passé en revue les recommandations et les a endossées ou modifiées à la lumière des recherches récentes (depuis 1995) qui les appuyaient ou apportaient des éléments nouveaux exigeant de nouvelles recommandations.

La 1ère Consultation internationale sur l’incontinence, qui s’est tenue à Monaco en 1998, a résulté en une série d’algorithmes ou de schémas et a suscité une nouvelle analyse en profondeur de la littérature (Abrams, Khoury et coll., 1998). Le comité directeur a tenu compte de cette analyse, mais ne l’a pas lui-même refaite. Il a adapté les schémas de la Consultation internationale afin qu’ils reflètent la gestion de l’incontinence chez l’homme, la femme et la personne âgée fragile.
Le comité a aussi pris connaissance du livre Promoting Continence Care in Canada (Skelly et coll., 1998).


Description du dépouillement de la littérature

De façon systématique, des équipes du comité directeur ont dépouillé les banques de données suivantes : registre des essais des groupes de personnes incontinentes de Cochrane, Medline, Cinahl, Embase, PsychLit et ERIC ainsi que Ageline pour la période allant de janvier 1995 à janvier 2000. Les mots clés suivants ont servi aux recherches : incontinence, urinaire, mâle, séquelles de la prostatectomie, stimulation, stimulation électrique, rétroaction biologique (biofeedback), exercices des muscles pelviens, exercices de Kegel, comportemental, comportement, thérapie du comportement, thérapie par modification du comportement, physiothérapie, chirurgie, continence, contrôle de la vessie, qualité de vie, essai contrôlé aléatoire, évaluation, efficacité, efficace et résultats. Les membres ont aussi effectué une recherche manuelle de résumés d’articles et consulté des collègues.

Niveau des preuves à l’appui des recommandations

Pour faire des recommandations au sujet de chaque méthode d’évaluation et de traitement, le comité directeur a considéré les points suivants : (1) la qualité et la quantité des preuves; (2) la concordance des résultats des différentes études; (3) l’applicabilité clinique des preuves chez des patients adultes souffrant d’incontinence urinaire (IU) et (4) les preuves reliées aux torts subis ou aux dépenses.

En ce qui concerne tous les énoncés de lignes directrices extraits sans modification de la liste de l’AHCPR, nous donnons au Tableau 1 la force originale des preuves.

En ce qui concerne les lignes directrices nouvelles ou adaptées, le niveau accordé aux preuves correspond aux critères récemment utilisés dans le Canadian Medical Association Journal et dans le Guide de pratiques cliniques au Canada (Tableau 2) (traduit de Patterson et coll., 1999).

Nous avons utilisé les termes usuels de « force » et de « niveau » des preuves même s’ils peuvent induire en erreur. D’une part, les preuves les plus convaincantes en faveur de telle ou telle intervention sont une combinaison d’opinions d’experts (niveau 3) et de preuves découlant d’essais contrôlés aléatoires (niveau 1); d’autre part, il se peut que les opinions d’experts mais non les essais contrôlés aléatoires confirment les interventions recommandées, ou vice-versa. Par conséquent, les différents « niveaux » de preuves peuvent se renforcer mutuellement ou se contredire.

Tableau 1. Force des preuves à l’appui des recommandations extraites sans modifications de la liste de l’AHCPR

Force
d
Critère
d
A
d La recommandation s’appuie sur des preuves scientifiques découlant d’essais contrôlés, conçus et implantés selon les règles, qui ont donné des résultats statistiques en concordance avec l’énoncé de la ligne directrice du guide.
d
d
B
d La recommandation s’appuie sur des preuves scientifiques découlant de
d séries cliniques, conçues et implantées selon les règles, qui confirment l’énoncé de la ligne directrice du guide.
d
C
d La recommandation s’appuie sur l’avis d’un expert.

«À noter que ces notations représentent la force des preuves, non la force de la recommandation elle-même. Cette dernière découle dans chaque cas du langage utilisé pour l’énoncer.» (AHCPR, p. 12)

Tableau 2. Niveau des preuves à l’appui des recommandations nouvelles ou adaptées de la liste de l’AHCPR

 

Niveau
f
Critères des nouvelles preuves
f
1
f Preuves obtenues à partir d’au moins un essai contrôlé aléatoire mené selon les règles.
f
2
f Preuves obtenues à partir d’essais contrôlés non aléatoires conçus selon
f es règles.
f Preuves obtenues à partir d’études analytiques de cohortes ou de cas
f contrôlés, de préférence dans plus d’un centre ou d’un groupe de recherche.
f Preuves obtenues à partir de comparaisons avec des moments ou des
f endroits où il n’y a pas eu d’intervention. Les résultats spectaculaires d’expériences non contrôlées sont inclus dans cette catégorie.
f
3
f L’opinion d’autorités reconnues qui se fondent sur leur expérience
f clinique, sur des études descriptives ou sur les rapports de comités d’experts.

Auteurs du Guide

Ce Guide est le fruit d’un large consensus chez ceux qui ont contribué à sa mise au point. Bien qu’il reflète la participation généreuse de nombreuses personnes, la Fondation d’aide aux personnes incontinentes (Canada) en demeure, par l’entremise de son comité directeur, l’auteur officiel et elle prend donc l’entière responsabilité de son contenu. Voici la liste des membres du comité directeur : Michael Borrie (gériatre, coprésident), Luc Valiquette (urologue, coprésident), Claudia Brown (physiothérapeute), Harold Drutz (uro-gynécoloque), Donna Fedorkow (gynécologue), Sender Herschorn (urologue), George Kuchel (gériatre), Christianne Lepage (médecin de famille), Grace Littler (consommatrice), Katherine Moore (infirmière), Lisa Lacroix (membre de plein droit, Santé Canada), Simone Powell (membre de plein droit, Santé Canada), David Reid (membre de plein droit, évaluateur de projet), Derek Griffiths (membre de plein droit, coordonnateur de la Conférence du consensus).

Date des publications et révisions

Le Guide s’appuie sur la littérature publiée jusqu’à janvier 2000. Il faudra constamment procéder à des révisions périodiques qui, selon une recommandation du comité directeur, devraient survenir tous les deux ans. Il est important pour le lecteur de vérifier la date de publication de toute ligne directrice du Guide qu’il est en train de lire. On s’attend à ce que l’utilisation pratique des schémas cliniques fasse ressortir les révisions ou les améliorations souhaitables.

Veuillez faire parvenir toute observation ou réaction susceptible d’améliorer le Guide ou les schémas cliniques à l’adresse postale suivante :

Fondation d’aide aux personnes incontinentes (Canada)
C.P. 30, Succ. Victoria
Westmount (Québec)
H3Z 2V4
help@canadiancontinence.ca